Insula Oya : morceau de paradis dans l’Atlantique

Il est une terre faite de roches et d’embruns au large des côtes vendéennes où l’on pourrait se perdre dans sa beauté. Ce paradis sur terre, c’est l’île d’Yeu, Insula Oya pour ses habitants. On est ébloui en arrivant par le bateau, on pleure en la quittant. On voudrait la faire découvrir à tous, et en même temps on voudrait la garder pour nous seul. Déclaration d’amour à ma façon…

 

On arrive sur l’île par un ferry, après 30 minutes environ de traversée depuis Fromentine. A quelques encablures de Port-Joinville, la porte « d’entrée principale », on sent déjà les embruns et l’iode. Mouettes et goélands trônent fièrement sur la jetée. Ils caquettent pour saluer votre arrivée. On est déjà dans un autre monde quand on pose le pied sur la terre ferme.

 

Terre d’histoire

L’île d’Yeu n’est pas intéressante que par sa beauté; elle est aussi une terre façonnée par l’Histoire. Son Vieux château, qui inspira Hergé pour le château de L’Ile Noire, a été construit au moment des grandes invasions, au Moyen-âge. Edifié sur les rochers de la côte sauvage qui regardent fièrement le Portugal et l’Espagne, on se demande comment les ouvriers de l’époque ont pu construire ses tours, les unes après les autres. Jamais tombé au mains des Anglais ni d’autres envahisseurs, il renfermait une véritable ville entre ses hautes murailles. Grâce au four à pain présent dans la cuisine, ses habitants pouvaient tout à fait tenir un siège de plusieurs mois.

Démantelé par Louis XIV qui souhaitait récupérer ses pierres pour d’autres constructions, il se découpe depuis dans l’horizon ogien par temps de brouillard et se dresse majestueusement devant les cyclistes qui arrivent de l’anse des Sabias qui lui fait face. Lorsqu’on aperçoit sa silhouette en ruine au loin, on ne peut s’empêcher d’être émerveillé et intrigué en même temps.

L’Histoire s’est écrite sur l’île d’Yeu à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que le maréchal Pétain qui avait dirigé l’Etat français depuis 1940 depuis Vichy, est condamné à la réclusion à perpétuité. Pétain échappe à la peine de mort, mais il sera enfermé dans la Citadelle de l’île jusqu’à son dernier souffle. Il ne sera pas traité mieux qu’un autre prisonnier, du fait de son grand âge ou de sa -triste- renommée. Obligé de faire son lit chaque matin, de balayer la cour et de s’occuper lui-même de l’entretien de sa cellule, il y est mort à l’âge de 95 ans, le 23 juillet 1951. Il repose désormais face au continent, dans le cimetière de Saint-Sauveur.

JUILLET

Terre de marins et de pêcheurs

Enclavée au milieu de l’océan après s’être détaché du continent, l’île d’Yeu est avant tout une terre de marins et de pêcheurs, il suffit d’ailleurs de regarder Port-Joinville pour s’en convaincre. Autrefois, pour éviter que les frêles esquifs ne s’écharpent sur ses côtes déchiquetées lorsque le brouillard devenait trop épais, on avait mis en place une Corne de Brume sur la Pointe du But. Cet endroit est en effet le plus risqué pour un bateau, tant les rochers s’avancent loin dans la mer. Un marin ne pouvait les voir qu’au dernier moment, lorsqu’il était trop tard pour virer de bord, surtout avec une visibilité presque nulle. La corne était reliée au grand phare, dont le gardien qui surveillait le temps, devait faire usage pour prévenir les marins de la présence toute proche des Chiens Perrins, les fameux rochers. A défaut de voir, on pouvait entendre et changer sa direction à temps. Aujourd’hui, avec les systèmes sophistiqués de GPS ou autres radars, la corne de brume n’est plus utilisée sur l’île d’Yeu.

Son Grand phare en revanche, fait encore la fierté de nombreux Ogiens. Il se visite durant la pleine saison, et c’est l’occasion d’en apprendre plus sur un métier oublié, passé de mode : gardien de phare. La carrière n’était pas de tout repos, car on commençait souvent emprisonné dans un phare perdu au milieu de la mer, qui servait à prévenir les navires au large. On appelait ce type de phare « L’Enfer », car pendant de nombreux mois, le gardien vivait tout seul dans sa tour, et mieux valait pour lui qu’il sache se servir d’une ligne pour se nourrir!

Au milieu de sa carrière ou après une promotion, le gardien avait l’autorisation de rejoindre une île, où la vie n’était pas toujours de tout repos, mais où elle était tout de même plus simple. Dans ce cas, une petite maison était bâtie à côté du phare pour héberger le gardien. Quelques années avant la retraite, le gardien pouvait retrouver définitivement le continent : il devenait alors gardien gardien d’un phare « tout confort », et il avait une vie normale, dans un village.

Du haut du Grand phare de l’Insula Oya, on aperçoit toute l’île et sa forme particulière. Si on observe bien, on peut tout à fait voir le pont de l’île de Noirmoutier, qui relie une autre île vendéenne au continent…

 

L’île d’Yeu est une perle perdue dans l’océan Atlantique. Elle se mérite et se conquiert. Mais une fois qu’on a posé un seul orteil sur son sol, dès qu’on a respiré le moindre souffle de son air, on est comme envoûté à jamais. « Tu n’es pas mon pays/et pourtant c’est ici/que je voudrais finir ma vie… » comme le chantait si parfaitement Yves Duteil

 

Chloé LOURENÇO

Publicités

2 réflexions sur “Insula Oya : morceau de paradis dans l’Atlantique

  1. Everything posted was actually very reasonable.
    However, what about this? suppose you composed a
    catchier post title? I mean, I don’t want to tell you how to run your
    website, however suppose you added a post title to possibly grab people’s attention? I mean Insula Oya : morceau de
    paradis dans l’Atlantique – Voix d'Europe
    is a little vanilla. You could look at Yahoo’s home
    page and see how they create article headlines to
    get people to click. You might add a video or a picture or two
    to get readers interested about everything’ve written. Just my opinion, it would make your posts a little bit
    more interesting.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s