COP24 : top ou flop ?

Du 2 au 15 décembre dernier, la COP24 se tenait en Pologne. La conférence, qui a été largement moins médiatisée que la COP21 de Paris en 2015, a donné naissance tardivement à un accord multilatéral doit permettre de mettre en application l’accord de Paris. Largement insuffisant pour la plupart des participants, la montagne aurait-elle accouché d’une souris ? 

La 24ème Conférence des Partis (COP24) organisée annuellement par la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, a réuni quelques 200 participants à Katovice, en Pologne. Malheureusement, cet évènement d’envergure n’a pas su convaincre. 

Les chefs de délégations après la signature de l’accord – Crédits : @UNFCCC / Twitter

Résultats largement insuffisants 

La principale attente de la COP24 était de trouver le moyen de faire appliquer l’accord de Paris, signé en 2015 lors de la COP21. « Après son adoption en décembre 2015 et son entrée en vigueur en novembre 2016, il manquait encore à l’accord de Paris un ‘manuel d’utilisation’. C’est dorénavant chose faite« , explique LCI. Samedi 15 décembre, les participants se sont mis d’accord sur la façon de limiter la hausse de la température mondiale à 2°C – et pas un de plus – par rapport à l’époque préindustrielle. Ceci étant, le texte n’a pas été beaucoup plus loin, ce qui déçu et frustré nombre d’observateurs. « Bien, mais peut mieux faire », pour reprendre l’idée de  l’ancien président de la COP21, Laurent Fabius. Ce dernier confessait à L’express que le principal mérite de l’accord de Katovice était d’exister, malgré un contexte économique difficile. Toutefois, il faut soulever que la lutte contre le réchauffement climatique ne va pas assez loin… ni surtout assez vite ! 

Des ONG déçues et pessimistes

L’accord de Katovice a sauvé l’accord de Paris, et c’est à peu près tout. C’est aussi que regrettent les ONG. Les experts du GIEC tirent la sonnette d’alarme, car en continuant de la sorte, le monde se rapproche dangereusement des +3°C. « De nombreuses ONG de défense du climat réclamaient dès lors une réponse forte de la COP24 avec un engagement clair de tous les pays à réviser à la hausse d’ici 2020 leurs promesses de réductions de gaz à effet de serre« , annonce la RTBF

Pour de nombreux représentants d’ONG telles que Greenpeace France, les citoyens ont conscience de l’urgence de la situation, mais il manque toujours une action concrète de la part des pouvoirs publics. Et c’est bien cette partie qui est la plus difficile à obtenir. 

Manque d’ambition

Un groupe de quatre pays (USA, Koweit, Arabie Saoudite et Russie) a refusé d’adopter un accord plus ambitieux, ce que déplorent le président du groupe des 47 pays les plus vulnérables, Gebru Jember Endalew. D’autres pays, comme le Brésil et la Turquie ont bloqué l’adoption de mesures techniques, comme la mise en place des mécanismes de marché visant à réguler les émissions de gaz à effet de serre. 

Pire encore ! La Turquie a tenté d’obtenir ce qu’elle souhaite depuis de nombreuses années : passer du statut de pays développé à plus en voie de développement, de façon à obtenir les financements du Fonds vert. Moyennement moral… 

Il faut maintenant espérer que la prochaine COP, prévue l’année prochaine, ira plus loin et secouera un peu les consciences au plus niveau des Etats. En attendant, la planète continuera de se réchauffer, et les saisons seront un peu plus déréglées. Comment dîtes-vous ? Une perte de temps ? 

Chloé LOURENÇO

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